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Tuesday 27 September 2022 10:16
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Accident ou attaque : que s’est-il passé au centre nucléaire iranien de Natanz ?

Accident ou attaque : que s’est-il passé au centre nucléaire iranien de Natanz ?

Accident ou attaque : que s’est-il passé au centre nucléaire iranien de Natanz ?

Les faits. De nouveau, les regards se tournent vers l’Iran. Depuis plusieurs années, le nom du pays est associé à la question nucléaire dans le monde entier. Lorsqu’un “accident” survient, c’est une partie du monde qui retient son souffle. Si aucune victime ne serait à déplorer, ce phénomène arrive au lendemain de l’inauguration d’une nouvelle usine d’assemblage de centrifugeuses par le président iranien Hassan Rohani. Après avoir annoncé une “panne de courant”, les autorités dénoncent désormais un acte de “terrorisme antinucléaire”. 

Pourquoi ça compte. Depuis quelque temps, le pouvoir iranien ne cache plus ses ambitions concernant sa volonté d’agrandir sa quantité d’uranium. Un comportement qui pourrait compromettre les négociations qui se déroulent actuellement à Vienne. Dans la capitale autrichienne, l’objectif est de relancer l’accord de 2015 – au point mort depuis le départ unilatéral de l’ex-président américain Donald Trump en 2018. 

Que s’est-il passé ?

Ce dimanche, il y a eu “un accident dans une partie du réseau électrique de l’installation d’enrichissement de Chahid-Ahmadi-Rochan”, le complexe nucléaire de Natanz. “Nous avons eu un accident dans une partie du circuit électrique de l’usine d’enrichissement à Chahid-Ahmadi-Rochan. Il y a une panne de courant (…) mais nous n’en connaissons pas la cause”, a déclaré dans un premier tempsle porte-parole de l’OIEA, Behrouz Kamalvandi. LIRE AUSSI >> Nucléaire iranien : “Les exigences des États-Unis et de l’Iran semblent assez insolubles”

Behrouz Kamalvandi n’a pas précisé si l’électricité était coupée uniquement dans l’usine d’enrichissement ou dans d’autres installations du centre nucléaire de Natanz. “Heureusement, nous n’avons eu ni morts, ni blessés, ni pollution. Il n’y a pas de problèmes particuliers. L’accident fait l’objet d’une enquête”, a-t-il déclaré à la télévision. 

Plus tard dans la journée, un communiqué officiel a été diffusé par la télévision d’Etat. “La République islamique d’Iran, tout en condamnant cette action futile, souligne la nécessité pour la communauté internationale et l’Agence internationale de l’énergie atomique de faire face à ce terrorisme antinucléaire”, affirme ce communiqué du chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Ali-Akbar Saléhi.  

Le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) Behrouz Kamalvandi a semblé minimiser l’événement en déclarant ce lundi que “le centre de distribution d’électricité” de l’usine de Natanz, dans le centre du pays, avait été touchée par une “petite explosion”, vers “cinq heures du matin” dimanche. Il a fait état de dégâts “rapidement” réparables et présentés comme mineurs contrastant avec des propos du chef de l’OIEA, Ali-Akbar Saléhi, rapportés plus tôt par l’agence Fars, et selon lesquels “le système électrique de secours” de l’usine avait dû être mis en marche lundi. 

Quelles ont été les réactions des autorités iraniennes ?

La question du nucléaire reste très sensible en Iran et certains politiques perçoivent derrière cet accident une volonté de nuisance. “Cet incident, survenu (au lendemain) de la Journée nationale de la technologie nucléaire et alors que l’Iran s’efforce de contraindre les Occidentaux à lever les sanctions, est très suspect de sabotage ou d’infiltration”, a estimé sur Twitter le député Malek Chariati, porte-parole de la Commission parlementaire de l’énergie.  

Le communiqué officiel diffusé ce dimanche n’accuse nommément aucun groupe ou Etat pour cette attaque et ne donne aucune indication sur l’état des installations visées. Lorsqu’il s’agit de faire des conclusions hâtives, Israël – fortement préoccupé par les activités nucléaires de l’Iran – est régulièrement pointé du doigt. C’est une nouvelle fois le cas. Le porte-parole de la diplomatie iranienne Saïd Khatibzadeh a accusé indirectement Israël de saborder les discussions en cours à Vienne pour tenter de faire revenir Washington à l’accord international de 2015 et de lever les sanctions américaines contre Téhéran. “La réponse de l’Iran sera la vengeance contre le régime sioniste au moment et à l’endroit opportun”, a-t-il affirmé. 

“On estime que le défaut dans le circuit électrique de Natanz (est) le résultat d’une cyberopération israélienne”, a tweeté de son côté un journaliste de la radiotélévision publique israélienne, Amichai Stein, sans que rien ne permette d’étayer ces propos. De son côté, le New York Times a cité des responsables au sein des renseignements israéliens et américains selon lesquels “Israël a joué un rôle” dans ce qu’il s’est passé à Natanz où, selon ces sources, “une forte explosion” aurait “totalement détruit (…) le système électrique interne alimentant les centrifugeuses qui enrichissent de l’uranium sous terre”. 

Et ce n’est pas la première fois que Tel-Aviv est placé sur le banc des accusés. Début juillet, une usine d’assemblage de centrifugeuses perfectionnées à Natanz avait été gravement endommagée par une mystérieuse explosion. Les autorités avaient conclu à un “sabotage” d’origine terroriste” mais n’ont pas encore fait connaître les résultats de leur enquête. L’agence officielle Irna avait alors mis en garde Israël et les États-Unis contre toute action hostile à son égard. 

Dans quel contexte intervient cet accident ?

Le président Hassan Rohani a inauguré à distance, samedi, la nouvelle usine d’assemblage de centrifugeuses de Natanz en même temps qu’il donnait l’ordre de mettre en service ou de tester trois nouvelles cascades de centrifugeuses. Ces nouveaux appareils offrent à l’Iran la possibilité d’enrichir plus vite et en plus grande quantité de l’uranium, dans des volumes et à un degré de raffinement interdits par l’accord conclu en 2015 à Vienne entre la République islamique et la communauté internationale. 

Depuis 2019, l’Iran s’est affranchi de la plupart des engagements clés qu’il avait pris à Vienne pour restreindre ses activités nucléaires. Une riposte orchestrée après la sortie unilatérale des États-Unis de l’accord de Vienne en 2018, rétablissant dans la foulée les sanctions américaines qui avaient été levées en vertu de ce pacte. De son côté, Hassan Rohani a répété à l’occasion de cette cérémonie organisée pour la “Journée nationale de la technologie nucléaire” que le programme nucléaire de son pays était purement “pacifique”. 

Ali-Akbar Saléhi a promis ce dimanche que son pays “continuera également de poursuivre sérieusement l’expansion de la technologie nucléaire d’une part et ses efforts pour lever les sanctions cruelles d’autre part, afin de contrecarrer les objectifs des commanditaires de cet acte terroriste”. 

Où en sont les discussions entre l’Iran et les États-Unis ?

Alors que Téhéran recommence à tester plusieurs centaines de centrifugeuses interdites aux termes de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, cela risque de compliquer les discussions en cours à Vienne pour tenter de relancer ce pacte. Ces négociations entre la République islamique et les autres États parties à l’accord de 2015 (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) ont pour objectif de réfléchir à une façon de réintégrer les États-Unis au sein de ce pacte conclu dans la capitale autrichienne. 

“Cette action reflète (…) l’échec des opposants aux négociations (…) pour lever les sanctions cruelles” des Etats-Unis à l’encontre de l’Iran, a déclaré Ali-Akbar Saléhi ce dimanche en référence à ces négociations en cours à Vienne. Elle montre aussi “la défaite des opposants au progrès industriel et politique du pays dans le but d’empêcher un développement éclatant de l’industrie nucléaire”, selon le chef de l’OIEA.  

L’Allemagne a jugé de son côté que l’annonce par Téhéran de l’intensification de ses activités d’enrichissement d’uranium à Natanz n’était “pas une contribution positive” aux négociations. “Toute tentative de saper les discussions en cours à Vienne doit être rejetée”, a indiqué l’UE, plaidant pour que “les circonstances” de ce qu’il s’est passé à Natanz “soient clarifiées très vite”. Moscou a dit espérer “que ce qu’il s’est passé (à Natanz) ne sapera pas les consultations qui prennent de l’ampleur”. 

Vendredi, un responsable américain a déclaré sous le couvert de l’anonymat que Washington avait fait, indirectement, des propositions “très sérieuses” à l’Iran pour relancer cet accord et que les Américains attendaient une certaine “réciprocité” de la part de la République islamique. L’Iran dit être prêt à revenir à l’application pleine et entière du texte, à condition que les États-Unis lèvent d’abord toutes les sanctions qu’ils ont réimposées ou instaurées contre Téhéran depuis 2018.

Selon la Russie, afin de “maintenir la dynamique positive”, les diplomates des pays toujours parties à l’accord de Vienne “se réuniront à nouveau la semaine prochaine” dans la capitale autrichienne. Selon Téhéran, cette rencontre doit avoir lieu mercredi, au niveau des vice-ministres des Affaires étrangères. 

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